Les jeux de hasard et d'argent : Nouveau projet de prévention au centre d'addictologie Wildhof
13.08.2021 – L'offre de jeux de hasard en Allemagne est immense. À l'offre de machines à sous commerciales sont venus s'ajouter ces dernières années de nombreux opérateurs de paris sportifs et de jeux de hasard en ligne.
Les jeux de hasard peuvent être pratiqués presque partout - sur place dans des bureaux de paris, dans des bars sportifs et particulièrement facilement via des fournisseurs légaux sur Internet. L'accès quasi illimité au marché des jeux de hasard a pour conséquence que les jeux de hasard sont de plus en plus perçus comme normaux par le public et que les risques sont minimisés. Les jeunes en particulier sont considérés comme étant à risque de développer des problèmes liés au jeu. Afin de mieux atteindre ce groupe, le centre d'aide aux toxicomanes de Wildhof a lancé en juillet un projet de prévention et d'intervention précoce pour ces problèmes. L'offre s'adresse ici à tous les adolescents et jeunes adultes qui peuvent participer à des ateliers et des discussions sur le thème des jeux de hasard dans différentes institutions sociales. Depuis 2008, le centre d'aide aux toxicomanes Wildhof propose une offre de conseil spécifique pour les joueurs de hasard et leurs proches (projet national "Jeu de hasard"). Ce service s'adresse toutefois en premier lieu aux adultes.
La maire Sabine Groß explique à ce sujet : "À Offenbach, environ 18,4 millions d'euros ont été joués en 2018. Il en résulte dans certains cas non seulement des dommages financiers, mais aussi souvent des problèmes familiaux. C'est pourquoi il me tenait à cœur d'élargir le travail de prévention contre le jeu et de permettre un travail de proximité. La ville met à disposition 25.000 euros par an à cet effet. Avec le centre d'aide aux toxicomanes Wildhof, nous avons en outre à nos côtés un partenaire expérimenté et éprouvé pour la mise en œuvre de ce travail".
Protéger les adolescents et les jeunes adultes
L'objectif du projet est de protéger les adolescents et les jeunes adultes contre le développement d'une dépendance au jeu. Les facteurs de risque personnels et liés au développement jouent un rôle important à cet égard. Afin d'atteindre au mieux ce groupe cible, le projet doit se dérouler dans les environnements familiers de chacun. "Le centre d'aide aux toxicomanes Wildhof se rendra dans des lieux tels que les centres de rencontre pour jeunes, les clubs et les institutions d'aide à la jeunesse afin d'entrer en contact avec les jeunes et de surmonter leurs craintes", explique Sabine Groß.
Il est également prévu d'organiser des ateliers dans les écoles et les centres de formation professionnelle sur le thème des jeux de hasard et des risques de dépendance. Les clubs de sport sont également au centre du projet, car leurs membres sont plus enclins à faire des paris sportifs et développent plus souvent des problèmes liés aux jeux de hasard. Étant donné que la proportion de personnes issues de l'immigration qui viennent chercher conseil est élevée (jusqu'à présent 66 % des personnes qui viennent chercher conseil chaque année), les coopérations déjà existantes avec les organisations d'immigrés, les communautés religieuses et les associations doivent être intensifiées. Il est également prévu d'organiser des formations pour les collaborateurs et les assistants dans les institutions, organisations et associations mentionnées. Dans le cadre de ces formations dites de multiplicateurs, les enseignants, les entraîneurs et les accompagnateurs recevront des connaissances leur permettant de reconnaître les évolutions problématiques dans leur travail et de s'adresser aux jeunes de manière compétente. "Les mesures de prévention mentionnées doivent permettre d'informer les adolescents et les jeunes adultes sur les multiples risques, de promouvoir les compétences de vie, d'agir à temps en cas de problèmes et d'aplanir l'accès au système d'aide", conclut Groß.
Informations de base sur les jeux de hasard
L'économiste Ingo Fiedler, qui s'intéresse depuis des années au thème des jeux de hasard, indique qu'environ 70 pour cent du chiffre d'affaires des salles de jeux est réalisé aux dépens des joueurs dépendants. Tilmann Becker, directeur du centre de recherche sur les jeux de hasard de l'université de Hohenheim, obtient dans son analyse une part considérable de 56 pour cent.
Les machines à sous commerciales, les paris sportifs (en particulier les paris en direct) et les jeux de hasard en ligne sont considérés comme des formes de jeux de hasard à fort potentiel addictif. Le développement de comportements de jeu problématiques, voire pathologiques, est notamment favorisé par la grande disponibilité des offres, les faibles mises, l'intervalle de paiement, la succession rapide des jeux et le lien avec les intérêts personnels. Dans le contexte des offres de jeux de hasard sur Internet, le fait que les restrictions d'âge puissent être contournées et que la protection des mineurs ne soit donc pas garantie vient encore aggraver la situation.
Il existe une multitude de jeux de hasard simulés, par exemple Candy Crush ou Coinmaster, qui sont proposés gratuitement et sans limite d'âge sur Internet. En font également partie les jeux de démonstration gratuits qui incitent les jeunes à jouer en argent réel et également les jeux informatiques qui comportent des éléments à caractère de jeu de hasard, par exemple les "loot boxes", ainsi que les offres eSport, Counterstrike, Fifa ou League of legends, sur lesquelles il est possible de parier. Dans ces offres, il y a un mélange de "gaming" (jeux informatiques) et de "gambling" (jeux de hasard), ce qui est considéré par les experts en addiction comme un risque de développement d'une problématique de jeu de hasard. Mais les premières expériences se font aussi en se rendant avec des amis, des parents ou des connaissances dans des établissements gastronomiques où sont accrochées des machines à sous. Les effets spéciaux de lumière et de son sont perçus comme attrayants et la curiosité pousse à utiliser la monnaie laissée ou son propre argent de poche.