1718 : Des lieux perdus dans une rue perdue
Offenbach, qui nous est familière, n'est plus la ville qui était familière à la génération précédente. Prenons par exemple la Domstraße, qui trouve son extrémité est dans la Kaiserstraße. Seuls ceux qui sont suffisamment âgés se souviennent qu'elle continuait autrefois jusqu'à l'église réformée française, achevée en 1718 en bordure de la vieille ville. Dans les années 1960, ce tronçon s'est dissous dans un projet qui s'est d'abord appelé "Durchbruchstraße" avant de prendre le nom de Berliner Straße. La Domstraße a alors perdu sa partie la plus ancienne et des lieux de mémoire remarquables.
Bien sûr, certains éléments de son histoire avaient déjà disparu avant l'arrivée des pelleteuses. Peu de gens connaissaient encore l'auberge "Zu den Drei Königen", qui brassait et servait de la bière près de l'église. Durant la période troublée de 1848, c'était le lieu de rencontre des gymnastes gagnés par la fièvre révolutionnaire. Ils se battaient vaillamment à la table de la bière contre le pouvoir princier. Mais lorsque les gymnastes de Hanau voulurent emmener leurs camarades d'Offenbach à la dernière bataille de Baden en 1849, ceux-ci préférèrent attendre chez eux. Dans la Domstraße, les moqueries des habitants de Hanau arrivèrent sous la forme d'un Schlafmütze.
Toujours est-il que cette auberge est aussi le lieu où a été fondée, le 15 avril 1848, la "Société de formation des travailleurs" d'Offenbach, la première organisation du mouvement ouvrier. Les syndicats et la gauche politique peuvent voir dans la Domstraße leur embryon local. L'association considérait que sa mission était de "donner aux producteurs de produits humains la place qui leur revient dans la société humaine".
Des pierres lithographiques empilées au bord du Büsingpark marquent l'emplacement de l'imprimerie de musique d'Anton André. C'est là qu'en 1799, il fit venir de Munich l'inventeur Alois Senefelder afin que celui-ci puisse perfectionner sa lithographie, au profit de la maison André, de la technique d'impression, de la culture musicale et des arts plastiques. La tradition veut que Mozart ait également été l'hôte de la maison de la Domstrasse, d'où une nouvelle technique artistique a été diffusée dans le monde entier.
La "Grillenhütte" de l'écrivaine Sophie von La Roche jouxtait la propriété d'André. Elle y est morte en 1807. La mère de Goethe trouva refuge chez elle lorsque les troupes françaises bombardèrent et prirent Francfort en juillet 1795. Deux ans plus tard, le 11 août 1797, son fils Wolfgang, déjà célèbre, s'y rendit pour une visite chez La Roche, dont il fit cependant un rapport peu réjouissant à ses amis.
Pendant quelques années, la maison de La Roche fut animée par sa jeune petite-fille Bettina Brentano. Le 11 juillet 1800, l'effervescent jacobin dit avoir observé depuis la lucarne le combat au croisement de la Domstraße et de la Kaiserstraße, au cours duquel les troupes allemandes ont pu repousser temporairement les Français vers Sachsenhausen. Deux Français, deux habitants de Würzburg et un Autrichien y ont trouvé la mort. Selon la tradition, Bettina aurait caché et soigné un Français dispersé et blessé dans une étable en bois jusqu'à ce qu'il puisse traverser le Main de nuit. Lorsqu'il lui a dit au revoir avec reconnaissance, la future célébrité Bettina a reçu le premier baiser masculin de sa vie.
Là où la Berliner Straße, la Kaiserstraße et le Büsingpark se rejoignent pour former un coin, se trouvait jusqu'en 1960 une ancienne villa qui abritait en dernier lieu la direction de la police d'Offenbach. A l'époque napoléonienne, c'est là que vivait la famille du général français Albert qui, il est vrai, était plus souvent en campagne que chez lui. Il était resté à Offenbach parce qu'il y avait épousé la nièce Lili du fabricant Peter Bernard, qui vivait dans le Büsingpalais. Il faut en parler parce que le couple Albert avait une fille, grâce à laquelle de l'argent frais affluait dans la Domstrasse.
L'argent est arrivé lorsque la fille d'Albert a épousé le commerçant anversois Christian Lemmé. Il a marqué la Domstrasse d'une empreinte que l'on peut encore voir aujourd'hui. Il s'agit des "maisons de Lemmé" construites en 1858 à l'ouest de la Kaiserstraße. Il s'agissait de quatre maisons dont la topographie des monuments d'Offenbach dit qu'elles ont été "la première construction métropolitaine d'Offenbach". Deux d'entre elles - portant désormais les numéros Berliner Straße 139 et 141 - ont survécu à la guerre et racontent comment l'une est toujours liée à l'autre. Ils n'expliquent cependant à personne la curiosité que constitue le fait que la Berliner Straße 141 soit suivie de la Domstraße avec le numéro 58. Les riverains 1 à 57 sont plongés dans les profondeurs de l'histoire de la ville.
Ce qui avait survécu aux bombes aériennes de la Seconde Guerre mondiale a été dévoré par les pelleteuses, afin que la partie la plus ancienne de la Domstraße puisse devenir une partie de la Berliner Straße. Le visage qui nous est familier se formait à des vitesses différentes. Seul le Büsingpark s'est rapidement rapproché de la nouvelle rue. Le 15 avril 1961, le Parkbad, devenu entre-temps un hôtel, fut inauguré. Le 14 juillet de la même année, le "Grand Assis", une œuvre du sculpteur Hans Metten (1903-1966), prit place devant. Mais lorsque la nouvelle rue fut inaugurée le 22 septembre 1962 avec une "semaine berlinoise", l'hôtel de ville n'existait pas encore. Près de neuf ans se sont écoulés avant qu'il ne puisse marquer le côté sud. Lothar R. Braun
Des pierres lithographiques empilées au bord du parc Büsing marquent l'emplacement de l'imprimerie musicale d'Anton André. C'est là qu'en 1799, il fit venir de Munich l'inventeur Alois Senefelder afin que celui-ci puisse perfectionner sa lithographie, au profit de la maison André, de la technique d'impression, de la culture musicale et des arts plastiques. La tradition veut que Mozart ait également été l'hôte de la maison de la Domstrasse, d'où une nouvelle technique artistique a été diffusée dans le monde entier.
La "Grillenhütte" de l'écrivaine Sophie von La Roche jouxtait la propriété d'André. Elle y est morte en 1807. La mère de Goethe trouva refuge chez elle lorsque les troupes françaises bombardèrent et prirent Francfort en juillet 1795. Deux ans plus tard, le 11 août 1797, son fils Wolfgang, déjà célèbre, s'y rendit pour une visite chez La Roche, dont il fit cependant un rapport peu réjouissant à ses amis.
Pendant quelques années, la maison de La Roche fut animée par sa jeune petite-fille Bettina Brentano. Le 11 juillet 1800, l'effervescent jacobin dit avoir observé depuis la lucarne le combat au croisement de la Domstraße et de la Kaiserstraße, au cours duquel les troupes allemandes ont pu repousser temporairement les Français vers Sachsenhausen. Deux Français, deux habitants de Würzburg et un Autrichien y ont trouvé la mort. Selon la tradition, Bettina aurait caché et soigné un Français dispersé et blessé dans une étable en bois jusqu'à ce qu'il puisse traverser le Main de nuit. Lorsqu'il lui a dit au revoir avec reconnaissance, la future célébrité Bettina a reçu le premier baiser masculin de sa vie.
Là où la Berliner Straße, la Kaiserstraße et le Büsingpark se rejoignent pour former un coin, se trouvait jusqu'en 1960 une ancienne villa qui abritait en dernier lieu la direction de la police d'Offenbach. A l'époque napoléonienne, c'est là que vivait la famille du général français Albert qui, il est vrai, était plus souvent en campagne que chez lui. Il était resté à Offenbach parce qu'il y avait épousé la nièce Lili du fabricant Peter Bernard, qui vivait dans le Büsingpalais. Il faut en parler parce que le couple Albert avait une fille, grâce à laquelle de l'argent frais affluait dans la Domstrasse. L'argent est arrivé lorsque la fille d'Albert a épousé le commerçant anversois Christian Lemmé.
Il a marqué la Domstrasse d'une empreinte que l'on peut encore voir aujourd'hui. Il s'agit des "maisons de Lemmé" construites en 1858 à l'ouest de la Kaiserstraße. Il s'agissait de quatre maisons dont la topographie des monuments d'Offenbach dit qu'elles ont été "la première construction métropolitaine d'Offenbach". Deux d'entre elles - portant désormais les numéros Berliner Straße 139 et 141 - ont survécu à la guerre et racontent comment l'une est toujours liée à l'autre. Ils n'expliquent cependant à personne la curiosité que constitue le fait que la Berliner Straße 141 soit suivie de la Domstraße avec le numéro 58. Les riverains 1 à 57 sont plongés dans les profondeurs de l'histoire de la ville.
Ce qui avait survécu aux bombes aériennes de la Seconde Guerre mondiale a été dévoré par les pelleteuses, afin que la partie la plus ancienne de la Domstraße puisse devenir une partie de la Berliner Straße. Le visage qui nous est familier se formait à des vitesses différentes. Seul le Büsingpark s'est rapidement rapproché de la nouvelle rue. Le 15 avril 1961, le Parkbad, devenu entre-temps un hôtel, fut inauguré. Le 14 juillet de la même année, le "Grand Assis", une œuvre du sculpteur Hans Metten (1903-1966), prit place devant. Mais lorsque la nouvelle rue fut inaugurée le 22 septembre 1962 avec une "semaine berlinoise", l'hôtel de ville n'existait pas encore. Près de neuf ans se sont écoulés avant qu'il ne puisse marquer le côté sud. Lothar R. Braun