1901 : De la pâtisserie à la crème qui était autrefois un gâteau de cour
Exploration des champs à Rumpenheim : qu'est devenu le fameux gâteau à la crème de Rumpenheim ? Existe-t-il encore ? Il semble qu'il s'agissait d'une spécialité dont on tirait non seulement du plaisir, mais aussi une identité. Une caractéristique traditionnelle, pour ainsi dire, à l'instar de la salade de pommes de terre de Bieber, qui apporte également le goût de la patrie sur la langue...
La recherche de traces commence à la maison Dörnigheimer Straße 4, où l'on dit que les boulangers de la cour utilisaient le four à l'époque où les seigneurs résidaient encore au château et devant lesquels on tirait son chapeau. Lorsque les enfants de Rumpenheim apprenaient encore que c'était un honneur de pouvoir former une haie de temps en temps.
La maison Dörnigheimer Straße 4 désenchante. Certes, elle est restée une source de plaisir. Mais on n'y trouve pas de pâtisseries. Ici, on se régale avec des vins italiens. La boulangerie de la cour s'appelle désormais "Cantina Piemontese". Seuls les plus âgés se souviennent encore du boulanger Josef Russ, qui a exploité l'ancienne boulangerie de la cour jusqu'à la seconde moitié du siècle dernier, notamment comme lieu de conservation de la culture du gâteau à la crème. Désormais, on n'y déroule plus la pâte.
Au 19e siècle, le prédécesseur de Josef Russ était Heinrich Pohl. Il fournissait au château des petits pains et un pain cuit au feu de bois, dont le tsar de Russie, par exemple, ne tarissait pas d'éloges lors de sa visite à Rumpenheim. Mais le souverain de tous les Reußen a probablement aussi goûté au "Rumpenheimer Rahm- und Butterkuchen" de Pohl. Ce gâteau jouissait d'un grand prestige dans le monde de la noblesse.
Entre-temps, un maître Josef Wolf commandait à la boulangerie de la cour, lorsque le 4 août 1902, un télégramme arriva de Stuttgart. Son texte était le suivant : "Veuillez envoyer à l'adresse de Sa Majesté la reine de Wurtemberg, Stuttgart, deux de ces gâteaux plats, afin qu'ils arrivent ici si possible lundi matin. Si ce n'est pas possible, ils peuvent aussi arriver la veille au soir".
Deux mois plus tard, la reine de Wurtemberg demanda un autre envoi, cette fois à Friedrichshafen, sur le lac de Constance. Sa Majesté aimait manifestement utiliser les biscuits de la cour de Rumpenheim comme articles cadeaux. C'est ce que révèle un télégramme de 1908 : "Veuillez envoyer un gâteau au sucre pour mercredi à la comtesse Stauffenberg-Usekul à Jettingen près d'Augsbourg. Facture à l'ordre de Sa Majesté la Reine". A cette époque, la famille du landgrave avait déjà abandonné son domicile de Rumpenheim. Mais la boulangerie de la cour disposait toujours des conteneurs de transport qu'elle avait fait fabriquer pour l'expédition.
Il n'était bien sûr pas nécessaire d'être de la noblesse pour se régaler de ce gâteau. La Hofbäckerei vendait à tout le monde, et aujourd'hui encore, il n'a pas disparu du monde. Nous le trouvons dans la Edelsheimer Straße. Il se trouve sur le comptoir d'une filiale de Bachwaren. La moitié d'un gâteau à la crème rond est encore disponible. Il n'a toutefois pas été cuit à Rumpenheim, mais dans un four d'Offenbach.
Plusieurs filiales de boulangerie le proposent dans toute la ville. Il n'a perdu que son prénom avec le temps. Il se présente désormais partout sous le nom de "Rahmkuchen" (gâteau à la crème). L'appellation d'origine "Rumpenheimer" appartient au passé. Comme la boulangerie de la cour dans la Dörnigheimer Straße. Comme les princes du château et les sujets qui tiraient leur chapeau. Mais ceux qui se souviennent de tout cela peuvent goûter en mâchant quelque chose qui ressemble à la patrie.
Lothar R. Braun